Sumos et geishas , 2 , Les geishas

Geisha à la cérémonie du thé …

Sumos et geishas , 2 , Les geishas

 

Les geishas
C’est au 18ème siècle que la geisha fait son apparition dans le milieu dissolu de la société japonaise , en opposition à la courtisane , avec laquelle on la confond trop souvent

Après des siècles de domination guerrière des samouraïs , ce sont les marchands , nouveaux bourgeois , qui vont gouverner les grandes villes

Ils vont instaurer un nouveau code moral empreint de valeurs esthétiques et artistiques

Les Japonais ont un sens aigu de la hiérarchie et même la prostitution répondait à des structures précises
Jusque vers la moitié du 18e siècle , la prostitution se pratiquait dans les rues ou dans les maisons closes des quartiers chauds

Les reines de cette époque étaient les tayû ou grandes courtisanes

Elles surclassaient les autres par la finesse de leurs manières et par le luxe dont elles faisaient étalage

Mais comme elles étaient fort coûteuses , on songea alors à former des femmes , et même quelques hommes , qui allieraient le sens artistique à la beauté , pour divertir les bourgeois noceurs

Dans les réceptions , on fait de plus en plus appel à ces personnes capables de danser , chanter , jouer de plusieurs instruments , raconter des histoires , faire des acrobaties ou donner de petits spectacles

Les geishas naissent ainsi de ce désir de trouver tous les plaisirs en une seule personne

La gei : art , sha : personne , allait désormais incarner la plus esthétique des manifestations du plaisir et du divertissement
Organisées à la façon d’une corporation , les geishas voient leurs activités réglementées par des heures fixes de travail , des uniformes et un code d’éthique rigoureux

Le visage fardé de blanc , le kimono de soie sanglé à la perfection , le tatami sous le bras , les geishas ne sont toutefois pas à vendre , ce ne sont pas des prostituées

Mais beaucoup de prostituées ont revendiqué un statut de geishas pour appâter les hommes

Cette usurpation a considérablement entaché la réputation de ces artistes superbes

Une geisha est avant tout une artiste , capable de se produire en public

Elle sert du saké aux hommes , jamais elle ne va chercher à manger

Sa servante la soigne si bien qu’elle sait à peine s’habiller seule ou ranger sa chambre

Aujourd’hui , peu d’entre elles exercent encore ce métier et leur nombre diminue chaque année

Bientôt les geishas n’existeront plus que pour divertir le touriste …

Les geikos

Les geishas de Kyoto, sont appelées des geikos , et leurs apprenties , les maïkos , font partie de la tradition japonaise

Toutes les geishas doivent étudier la danse

Elles doivent aussi pratiquer le chant , la guitare japonaise : le shamisen , les tambours traditionnels : le tsutsumi  , l’okawa et le taiko 

Elles étudient également le chanoyu : cérémonie du thé , l’ ikebana : composition florale , la poésie et la littérature japonaise

Gion

Gion est un quartier de Kyoto érigé au Moyen Âge à côté du sanctuaire de Yasaka

Le quartier a été construit pour servir de halte aux voyageurs et aux visiteurs du sanctuaire

Il a par la suite évolué pour devenir le quartiers des geishas

Le  danna

Il arrive qu’une geisha cède à un homme qu’elle trouve séduisant

Mais elles restera discrète car sa réputation et son aisance financière sont en jeu

Le danna , s’il veut s’engager dans une longue liaison , sera prêt à faire une proposition honnête que la geisha acceptera volontiers

On ne gagne vraiment de l’argent qu’en ayant un danna …

Si la geisha se lie à un danna , elle le fera lors d’une cérémonie

Ce lien dure 6 mois , parfois davantage  

Le danna réglera une partie des dettes de la geisha qui doit rembourser son okiya pour ses frais depuis son arrivée

Il rembourse une partie de ses dépenses , son maquillage , ses leçons , ses frais médicaux , sa taxe d’enregistrement , ses repas , etc …

Il lui paiera des bijoux , des kimonos et sponsorisera pour elle des spectacles de danses

Outre son entretien qui lui coûtera des sommes folles , le danna continuera à payer la geisha à son tarif horaire , comme les autres clients chaque fois qu’il passera du temps avec elle

Il paiera même davantage que le tarif habituel , afin de montrer sa passion

Mais en retour , il a droit à certains privilèges

Les o-hanas

Quand une geisha arrive dans une maison de thé , la maîtresse de la maison allume un bâtonnet d’encens qui met environ une heure à se consumer

On appelle cela une o-hana ou fleur

Les honoraires de la geisha sont calculés selon le nombre de bâtons d’encens consumés au moment du départ

Le prix d’une o-hana est fixé par le Bureau d’Enregistrement de Gion

En 1930 , une ohana coûtait le prix de 2 bouteilles de saké

Les geishas les plus cotées pouvaient réclamer une o-hana toutes les 5 minutes

Il restera à la geisha à peine plus de la moitié de ce qu’elle gagne , le reste allant principalement à l’habilleur , à l’okiya et à la maison de thé

les maïkos

Quand une fille veut devenir apprentie-geisha , elle doit se soumettre à une geisha plus expérimentée : la grande sœur

La grande sœur n’est pas forcément plus âgée que la future geisha dont elle assure la formation , il suffit qu’elle soit son aînée d’un jour

Pour que 2 filles deviennent sœurs , elles doivent accomplir une cérémonie qui ressemble à un mariage

Après cela , elles sont parente et s’appellent ” grande sœur ” et ” petite sœur “

La grande sœur apprend à sa cadette comment réagir à une plaisanterie graveleuse : avec un subtil mélange de plaisir et d’embarras

Elle lui dit quelle cire choisir comme base de maquillage , etc …

Mais son rôle va bien au-delà

Elle doit s’assurer que la novice saura attirer l’attention des gens utiles à connaître

La grande sœur emmène la cadette dans Gion

Elle la présente aux maîtresses des maisons de thé qu’il lui serait bon de fréquenter , aux perruquiers , aux chefs des grands restaurants , etc …

Le soir, la grande sœur emmènera sa cadette dans les maisons de thé pour la présenter à ses clients et protecteurs

L’uns d’entre eux finira probablement par apprécier sa compagnie et deveniendra l’un de ses protecteurs

Si la petite sœur se conduit mal , la responsabilité retombe sur sa grande sœur

Une geisha supportera tous ces aléas , car lorsqu’une apprentie-geisha réussit , toute la communauté en profite

L’apprentie en bénéficie : elle peut payer ses dettes

Quant à la grande sœur , elle touche une part des honoraires de sa cadettes

Tout le quartier de Gion en profite car elle amène de nouveaux clients , qui font prospérer les affaires

La destinée de toute future geisha est entre les mains de sa grande sœur

Une geisha ne mettra pas sa réputation en péril en prenant une petite sœur qu’elle juge susceptible de déplaire à ses protecteurs.

Le mizuage

Le mizuage , étape finale de la formation des geishas , marque la fin de l’apprentissage des maïkos

Mizu-age signifie défloraison

Cette cérémonie est symbolique et marque le passage de l’état d’apprentie à celui de geisha 

Quand la geisha qui l’a formée la juge digne , on coupe symboliquement la houppe de la maïko

On donne ensuite une fête en son honneur et l’ex-apprentie est alors autorisée à changer de col , c’est-à-dire qu’elle peut arborer le col blanc des geishas au lieu du rouge porté par les maïkos

Le mizuage , qui signifie : élever l’eau , est le rite de passage au stade adulte 

Cela se traduit dans les faits par l’achat de la virginité de la maïko par un homme

Cet achat n’implique pas toujours une relation sexuelle et peut rester symbolique

Quand une apprentie geisha est prête pour son mizuage , elle offre aux hommes des ekubo, un gâteau de riz avec un cercle rouge au centre , pour qu’ils le sachent

Sa virginité est alors mise en vente aux enchères et c’est le plus offrant qui l’obtient …

A l’époque Edo , vers 1600 ,  la virginité des maïkos était vendue aux enchères vers l’âge de 14 ans

Vers les années 1950 , la pratique était toujours vivace , mais les enchères ne se déclenchaient qu’après que la maïko ai fêté ses 18 ans

Leur virginité est hors de prix et atteint souvent des sommes tellement importantes que seuls de grands industriels peuvent se les offrir

Le prestige en rejaillit sur leur firme …

Le kimono

Le kimono constitue l’élément essentiel de la garde robe

Les kimonos sont rangés dans une pièce remplie d’étagères des 2 côtés du mur , du sol jusqu’au plafond

Ils sont enveloppés dans des papiers de soie et mis dans des boîtes en laque rouge

A chaque extrémité du local , il y a des bouches d’aération avec des lattes très fines

Sur chaque boîte , des idéogrammes indiquent à qui appartient le kimono

Tous les kimonos sont de la même longueur , quelle que soit la femme qui les porte

Il est rare qu’une geisha prête les kimonos de sa collection personnelle

Les geishas redoutent les incendies en raison de la valeur très élevée de certains kimonos

Les kimonos les plus précieux sont stockés dans un coffre , à la banque

Sous le kimono , la geisha porte une combinaison :

La ro , en gaze de soie légère , pour l’été

La hitoe , pour l’automne

Quand une geisha danse sur scène ou marche dans la rue , elle soulève légèrement le bas de son kimono de la main gauche

Sa combinaison apparaît entre sa cheville et le dessous des genoux

Le motif et le tissu de la combinaison doivent rappeler ceux du kimono

Le col de la combinaison dépasse , comme le col de chemise d’un homme qui porte un costume

Chaque jour , un col de soie est cousu sur la combinaison , le lendemain ce col est décousu , puis lavé

Le obi  

La ceinture du kimono , le obi , est un nœud qui s’attache dans le dos

Un obi peut mesurer trois mètres cinquante de long sur cinquante centimètres de large

Il est enroulé autour de la taille et  va du sternum au nombril

Des rembourrages donnent au nœud sa forme particulière

Une femme mûre portera son obi noué dans le dos en forme de boîte : le nœud de tambour  Une fille de moins de vingt ans portera un obi voyant

Une apprentie geisha aura un obi en forme de traîne ou darari boi , noué au niveau des omoplates et dont les extrémités traînent presque par terre

Quand une apprentie geisha marche dans la rue vous ne verrez que son obi , il couvre la majeure partie de son dos

Le poids du obi rend son port difficile

La différence entre une geisha et une prostituée se voit dans le port du obi  

Une prostituée attache le obi devant

La coiffure

La geisha se rend chez le coiffeur une fois par semaine pour réaliser le wareshinobu : le chignon en pêche fendue

Le coiffeur graisse les cheveux avec de l’huile de camélia pour leur donner un bel éclat

Puis il cire la chevelure

Ensuite il fait un gros chignon de la forme d’une pelote à épingles , fendue à l’arrière en deux parties égales , d’où le nom de pêche fendue , donné à cette coiffure.

Pour faire ce chignon , on enroule les cheveux autour d’un morceau de tissu et à l’endroit où le chignon est fendu , on voit ce tissu

Ce peut être n’importe quelle étoffe , de n’importe quelle couleur , mais pour une maïko , c’est de la soie rouge

La geisha doit apprendre à dormir dans une position particulière pour ne pas se décoiffer L’oreiller de la geisha , le takamakura , ressemble à un petit banc avec un support rembourré avec de la paille de blé pour le cou

Ce n’est pas réellement un oreiller mais plutôt un support pour la nuque

C’est le seul moyen pour une geisha de garder sa coiffure intacte en dormant

Le maquillage

Un bâtonnet de paulownia séché sert à dessiner les sourcils

Une crème jaune pâle à base de déjections de rossignol est utilisée comme crème pour le visage , cette décoction est sensée régénérer la peau

Un morceau de cire est malaxé , puis appliqué sur le visage , le cou et la poitrine

Des bâtonnets de pigments sont employés pour appliquer du rouge sur les joues

Le rouge pour les lèvres : auparavant on maquillait seulement la lèvre inférieure qui paraissait ainsi plus pulpeuse

La décoration de la nuque est très importante car au Japon un cou dénudé est très érotique

Une Japonaise qui découvre sa nuque , c’est un peu comme une parisienne en minijupe

Sur la nuque , on dessine un motif appelé sansbon-ashi : trois jambes

 

Les chaussures

La geisha chausse des zori ou des okobo

Les zori de la geisha sont des sandales laquées

Les okobo sont des chaussures en bois , pointues , assez hautes , avec des lanières laquées

La geisha porte également des chaussettes blanches appelées tabi

Ces chaussettes se boutonnent sur le côté de la cheville pour en épouser parfaitement la forme

 

 

A bientôt pour de nouveaux voyages …

bisousssssssssssssssssssssssssssssssssss aux filles

et poignée de main aux garçons

fréderic

A propos fréderic Vidal

money is the human predator
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4 réponses à Sumos et geishas , 2 , Les geishas

  1. Ping : Mon voyage au Japon! | Le costume dans tous ses états

    • fréderic Vidal dit :

      et comme vu dans le film 2012 , seuls ceux qui pourront mettre 1 milliard d’euros par personne , les chiens accompagnants comptant pour 1 personne , pourront s’échapper …
      et qui possède les milliards d’euros nécéssaires : ceux qui ont détruit la terre …

  2. Kaku dit :

    J’adore, merci beaucoup :)

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